Le sucre : la drogue dure des petits et grands.

Le jour de mon anniversaire, le comportement de ma fille de 2 ans et demi était incompréhensible.

J’avais l’impression qu’elle avait le diable au corps, elle courait partout en réclamant le doux poison que JE lui avais donné.

Tout commence la veille de mon anniversaire.

 

Nous passons plusieurs jours chez mon père qui vit à 1h30 de chez nous.

Zelda adore jouer avec la chienne quasi infatigable et regarder/nourrir les poissons du vivier.

Elle est plus excitée qu’à la maison, comme beaucoup d’enfants, mais reste “maîtrisable”.

 

Ce matin du 4 mai, malgré les quelques gouttes de pluie qui nous défient, nous partons au marché.

 

Nous passons devant un premier stand de jouets, Zelda ne le regarde même pas.

Elle a vu bien mieux : des paniers de fraises.

 

fraises alimentation enfant sucre

 Ma fille est droguée aux fraises et ça me va. Quand ce n’est pas la saison, elle se rabat sur les pommes, les bananes et autres fruits qu’elle prend plaisir à découvrir (quitte à goûter un petit morceau 10 fois avant de déguster avec entrain, RIP “mes” cerises…).

 

Nous nous promenons entre les rares stands et consommateurs, le panier de fraises dans les bras de Zelda, la pluie a réussi à confiner beaucoup de personnes chez elle : tant mieux pour nous!

 

Soudain, Zelda court vers un stand.

Le stand aux mille et une couleur.

Le stand de sucreries.

Et là, il y a la totale : gâteaux, biscuits, bonbons, chocolats, boissons, etc.

 

Week-end de “fête” oblige, je succombe à la demande de ma chérie : ok pour un paquet de bonbons.

Elle choisit des petites pastilles de chocolat colorées.

bonbon chocolat poison alimentation enfant

Je paye.

Elle les range dans le sac et réclame son panier de fraises.

Victoire! Les fraises ont plus de pouvoir sur elle que des chocolats dédiés aux enfants!

La journée se passe bien, j’ai même le droit à une sieste avec silence total grâce à la sortie au parc Papy-Papa-Miss.

Je suis au paradis!

 

Nous passons une nuit calme. Je profite de cette zenitude au maximum.

 

Le “jour J”.

Comme la grossesse me fatigue vite, je reçois que 2 amies l’après midi : je n’avais pas vu l’une d’elle depuis 8 mois.

L’ambiance est détendue.

Nous dégustons le gâteau, Zelda préfère les petites boites de chocolat achetées la veille.

Soudain, ma fille a l’air de ne pas savoir ce qu’elle fait.

 

monstre enfant sucre

Elle court le long de la maison, sollicite le chien d’une manière différente qu’en temps normal, passe 2 minutes avec ses jouets puis recourt jusqu’à sauter sur la baie vitrée qui donne sur le jardin!

 

Mon conjoint tente de jouer avec : premier échec.

Je propose un câlin en espérant un retour au calme rapide et une sieste dans mes bras : elle ne m’a même pas touché! deuxième échec.

Elle réclame à nouveau une boite de pastilles chocolatée, j’accepte en espérant la calmer et profiter de la présence de mes amies.

Elle avale d’un coup la boite et en réclame encore! Là, je refuse.

Douche froide, elle se jette au sol et commence à crier.

Mon conjoint s’approche pour la porter. Elle recule vers le mur et hurle comme s’il venait de la brûler (ou l’asperger d’eau bénite à ce stade…).

 

enfant monstre crise

 J’ai honte. On ne s’entend plus parler.

 Mon conjoint l’emmène dans le jardin pour qu’elle s’apaise près des poissons.

Je l’entends hurler comme un porc qu’on massacre malgré les portes fermées.  

Je sens mon énergie se vider plus vite que prévue.

 

A mon tour, j’essaie de la masser dans la chambre, loin de mes amies que je vois peu. Je suis déçue mais mon rôle de maman est d’être là pour ma fille, dans les bons et mauvais moments…

Elle ne hurle plus mais s’enfuie de la chambre, en couche, pour courir à nouveau partout dans la maison.

Même la voix de mon père ne sert à rien.

Le moment de quitter mes amies arrivent. Je me confonds en excuses.

Ce jour là, Zelda a, quand même, dormi tôt (20h45)… et moi aussi!

 

2 mois après, j’achète par hasard le livre “et si on arrêtait d’empoisonner nos enfants” d’Erwann Menthéour.

L’auteur y parle de sucre au chapitre 4… et c’est flippant!

 

Qu’appelle t on “sucre”?

On différencie les sucres simples (sucres dits “rapides”) et sucres complexes (sucres dits “lents”).

Les sucres simples les plus connus sont :

  • Le fructose. On l’appelle communément “sucre de fruits”. On le retrouve naturellement dans les fruits, les légumes et le miel.
  • Le glutose.
  • Le saccarose. Résultat de la fusion entre le fructose et le glutose.
  • Le lactose. Sucre naturellement présent dans le lait.

Les sucres complexes sont les molécules de plusieurs glucides simples que notre organisme transforme en glucose, on en trouve dans :

  • le pain
  • le riz
  • les pates
  • les légumineuses
  • les légumes de la famille des tubercules comme la pomme de terre.
  • les céréales complètes.

Le rôle principal du sucre est de fournir de l’énergie : il est donc nécessaire à l’homme.

L’histoire du sucre en 20 secondes.histoire du sucre

 

Le sucre, sous sa forme raffinée (le “sucre de table”) est arrivé il y a quelques dizaine d’années.

En France, à la fin du 19e siècle, en pleine révolution industrielle, le suce raffiné est appelé sucre royal et est consommé par les riches. On en trouve qu’en pharmacie.

Le reste de la population le consomme sous sa forme naturelle : le fructose dans les fruits et légumes.

La consommation annuelle par personne est de 5Kg.

 

Au début du 20e siècle, la population s’enrichit et la consommation de sucre annuelle passe de 5 à 17kg/personne soit 4 morceaux de sucre par jour.

 

Aujourd’hui, c’est 18 morceaux de sucre quotidiennement consommés soit 35kg/an par personne.

Soit 3 fois plus que les recommandations de l’OMS!

En 2 siècles, nous avons quintuplés notre consommation de sucre.

A savoir : une canette de coca = 7 morceaux de sucre.

 

Pourquoi le corps aime-t-il le sucre simple?

Notre cerveau carbure à 80% avec le glucose. Notre corps aime la facilité (oui, oui même nos organes) et quand nous lui offrons du sucre simple, il a moins de travail à faire et est donc content.

 

Bémol, le sucre stimule un des 3 circuits de la récompense, le même que celui de la cigarette : il rend donc accro le cerveau.

 

cigarette au chocolat

(petit coup de nostalgie pour certain(e)s, les cigarettes au chocolat…)

Le sucre, talon d’Achille des enfants.

Les enfants ont la capacité d’ingérer plus facilement et rapidement le sucre que les adultes.

 

Pourquoi et comment?

Quand nous mangeons du sucre, les capteurs au niveau de la langue et de l’œsophage envoient un message au pancréas. Le pancréas commence à sécréter de l’insuline pour réduire le taux de sucre dans le sang.

 

Les organes des enfants ne sont pas encore finis. Les messages parviennent donc plus lentement.

 

Un enfant peut supporter 15 fois plus de goût sucré qu’un adulte.

 

Et une entité a trouvé le moyen de s’enrichir : les gros lobbys industriels.

 

Les enfants et le sucre : un business juteux.

Connaissez vous le point de félicité? Il s’agit de la poule aux œufs d’or des industriels.

 

C’est le dosage des aliments pour stimuler le cerveau à son extrême en boostant la dopamine, le même circuit de plaisir que la cigarette. La dopamine procure des sensations d’apaisement et d’euphorie.

Le but des grandes entreprises est donc que le consommateur atteigne le plaisir maximal.

Les enfants pouvant consommer plus de sucre, business is business, le secteur agro-alimentaire n’hésite pas à augmenter les doses dans les produits destinés en priorité aux enfants… et de les rendre accros!

 

accro enfant drogue bonbon sucre

 

 

Encore plus flippant, le chercheur Serge Ahmed au CNRS à Bordeaux, a démontré par une étude qu’”entre la cocaïne et l’eau sucrée, les souris les plus addicts le sont à l’eau sucrée.”

 

Comment fonctionne la dépendance?

En mangeant le sucre, le pancréas va sécréter plus ou moins rapidement de l’insuline.

L’insuline est une hormone qui transforme le sucre en graisse pour diminuer taux de sucre dans le sang.

Mais comme le cerveau adore le sucre, il envoie des impulsions afin de déclencher une hypoglycémie directionnelle (il fait croire à l’organisme qu’il n’y a plus de sucre dans l’organisme).

L’adulte reprend une pincée de sucre, l’enfant, une poignée.

Le sucre appelle le sucre.

Comment les industriels réussissent à se faufiler dans votre maison?

Nous vivons dans un monde où tout doit être simple et rapide et les industries l’ont bien compris!

Dès le matin, ils vous proposent le petit déjeuner “idéal” de vos enfants : les céréales.

Quand on pense à “céréales”, on voit les champs de blé et non les kilos de sucre!

cereales alimentation enfant

 Et pourtant, 30g de céréales = 11g de sucre!

 

Et en général, les enfants consomment plus de 30g…

L’OMS fixe à 25g la consommation journalière de céréales sans mettre en péril le système immunitaire pour la vie entière.

Le corps n’a pas besoin de saccharose pour fonctionner. 

La proportion de sucre présente dans les céréales complètes, fruits et légumes suffisent pour les enfant apports de glucose.

1 pomme = 2 à 3 morceaux de sucre blanc avec supplément de vitamines et de fibres.

 

En bannissant toute forme de céréales industrielles : on diminue drastiquement les possibilités d’obésité chez l’enfant.

Privilégiez plutôt :

  • les fruits de saison, les pommes et bananes sont des valeurs sûres.
  • 1 ou 2 morceaux de chocolat noir à 70% de cacao et – 20% de sucre
  • Les fruits secs à volonté.

Les dangers du sucre.

Bien que certaines études réfutent l’idée que le sucre est responsable d’hyperactivité (il s’agirait plutôt de la caféine présente dans le chocolat), il est responsable de d’autres maux… qui tuent :

  • obésité et soucis annexes qui en découlent (dépression, maladies cardiovasculaires, etc.)
  • diabète qui soit :
    • provoque des hypoglycémies qui favorise à long terme des convulsions voire des comas.
    • provoque une altération du foie, qui fonctionne moins bien, ne fournit pas assez de glucose aux cellules qui se fatiguent (et redemande du sucre du coup) : le corps devient à la longue intolérant au glucose. C’est le diabète de type 2.
  • porosité intestinal qui favorise la prolifération de toutes les bactéries.
  • cancers.

En France, une personne sur deux est en surpoids.

Dans le monde, il y a plus de personnes qui meurent suralimentation que de sous alimentation.

Evidemment, certaines personnes sont confrontées à la génétique mais la génétique n’explique pas ce taux anormalement croissant-flippant.

 

Comment devient on obèse?

Avant l’âge de 8 ans, nous constituons un capital de cellules graisseuses.

Il s’agit du nombre de cellules graisseuses qui nous suivra tout le reste de notre vie.

Plus l’enfant de moins de 8 ans mangera sucré, plus il aura de cellules graisseuses.

Ces cellules vont se vider et se remplir au gré des régimes et changements d’alimentation.

 

Une personne qui possède plus de cellules graisseuses grossira plus facilement qu’une personne qui en possède très peu. 

L’enfant qui mange équilibré avant ses 8 ans aura, en théorie, aucune chance d’être obèse.

 

Comment ça marche?

poids enfant obesite

 

Notre organisme transforme les glucides en énergie et constitue des réserves de secours notamment dans les muscles et le foie, en graisse pour ce dernier :. c’est pour cela qu’on dit que le sucre se transforme en graisse.

Quand le taux d’insuline baisse, notre corps puise dans les graisses pour fournir de l’énergie : il va “brûler nos graisses”.

Une enzyme a pour fonction de réduire les cellules dans lesquelles sont stockées nos graisses.

Problème : cette enzyme est impressionnée par l’insuline. Donc tant que l’insuline est là, les glucides restent dans les cellules graisseuses.

La surpopulation peut faire apparaitre de nouvelles cellules graisseuses pour stocker les lipides non brûlées.

L’insuline demande aux cellules du foie de transformer les lipides en triglycérides (graisse très résistante) au lieu de les brûler pour fournir de l’énergie.

Si nos graisses ne brûlent pas, elle poussent les murs. Et on grossit.

Un enfant en surpoids à une épée de Damoclès au dessus de sa tête pour le restant de sa vie.

 

C’est bien beau de faire peur aux parents mais comment on en parle à nos petits drogués dans la vie réelle?

parler à son enfant

  1. La prohibition ne fonctionne pas avec les enfants (et chez la plupart des adultes aussi…).
  2. Evitez de mettre en lumière l’aliment diabolique car les enfants, notamment les adolescents, vont vouloir tester la “menace” pour la comprendre.
  3. Tout est une question de mesure : Le sucre n’est pas mauvais en soi mais son excès oui.
  4. Ne présentez pas le sucre comme une récompense ou l’invité parfait à toutes les occasions festives car la récompense est un but à atteindre. Plus tard, quand votre enfant sera autonome, il n’aura plus de frein et aura tendance à se faire des “mauvais cadeaux”.
  5.  Ne coupez pas vos enfants de leurs relations sociales : apprenez lui à refuser un excès de sucreries sans qu’il offense la personne qui offre. (“Nan, j’en veux pas, c’est mauvais pour la santé, ça rend gros et ça tue!”) mais aussi à se faire plaisir sans se culpabiliser et sans avoir à vous le cacher.

 

Pour finir, derrière le titre alarmiste “et si on arrêtait d’empoisonner nos enfants?” se cache une petite pépite d’informations pertinentes et simples à comprendre.

Le sucre est un chapitre parmi tant d’autres qui a pour but d’informer mais aussi de changer quelques petites habitudes qui ne peut être que bénéfique pour vous et votre famille.

Si vous souhaitez le lire, rendez vous dans la bibliothèque de votre ville, les sites d’occasion ou cliquez sur l’image ci dessous. Il s’agit d’un lien affilié où Amazon me reverse quelques centimes à chaque achat sans que ce soit plus cher pour vous.et si on arrêtait d'empoisonner nos enfants

 

Vous avez aimez cet article? Partagez le autour de vous pour protéger un maximum d’enfants.

 

Pour en savoir plus :

Ce qu’il se passe dans le cerveau quand on arrête le sucre.

Le sucre excite t il les enfants?

 

 

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Commentaire (2)

  • Nadia| 13 août 2019

    Article intéressant et que je partagerai auprès de certains des parents de mes élèves. Ici, en Guadeloupe, nous sommes addict au Sucre et ça me mets hors de moi. Nous empoisonnons lentement nos enfants sans nous en rendre contre. Jai su heureusement limiter la consommation de Sucre de mon fils . Il sait apprécier de temps en temps quelques friandises mais sait en manger avec parcimonie juste de temps en temps. Mais ce nest pas le cas de tous les ados malheureusement..

    • Lindsay| 14 août 2019

      Le sucre est malheureusement partout… même dans les produits salés ou destinés aux nourrissons ! Il faut trouver un juste milieu comme vous le faites avec votre fils 🙂
      Merci de vos partages <3
      Belle journée 🙂

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