Parentalité

Parler de la mort à un enfant

Sujet difficile à aborder qui fait pourtant partie de la vie (qui vous le rappellera bien assez tôt qu’il faut aborder le sujet…).

Parler de la mort à un enfant n’a rien de facile, voici quelques pistes qui peut vous aider :

Pourquoi parler de la mort avec un enfant?

Que ce soit la vie qui vous pousse à en parler (le décès d’un proche ou d’un animal) ou votre enfant qui vous le demande, il faut être “prêt” à répondre à certaines de ces questions.

En recevant des réponses de la part de “personnes de confiance”, les angoisses de votre enfant, s’il en a, diminueront voire disparaitront.

Dans un premier temps, restez factuel, peu importe vos croyances : l’enfant ne peut pas comprendre le fameux “papy est au ciel”, il va juste regarder le ciel et ne pas voir son grand père. Il peut avoir l’impression d’être diminué (“les adultes voient papy mais pas moi”), être fautif (“si je ne vois pas papy, c’est que j’ai fait quelque chose de mal”) ou penser que vous ne lui dites pas la vérité. Si votre enfant a plus de 7 ans, vous pouvez lui parler du concept du corps et de l’esprit et, selon ses questions, parler de d’autres croyances comme la réincarnation et demander quelle croyance il préfère.

Dans tous les cas, gardez à l’esprit que l’enfant comprend plus le concret que la spiritualité (cette dernière peut même l’effrayer).

 

Comment l’enfant comprend la mort?

Les sous concepts de la mort.

Les enfants ne comprennent pas la mort dans sa globalité mais par sous concepts :

  • L’irréversibilité
  • La non fonctionnalité
  • L’inévitabilité (ou l’universalité)
  • La causalité
  • La continuation non corporelle
  • L’imprévisibilité
  • La vieillesse

Ces concepts sont compris en fonction de l’âge, du vécu de l’enfant (s’il a déjà vu un animal mort par exemple) et des ses origines (un enfant nait dans un pays en guerre comprendra plus vite la mort “dans sa globalité”).

La compréhension selon l’âge.

  • Jusque l’âge de 4-5 ans, les enfants ne comprennent pas les sous concepts de la mort, d’ailleurs, ils considèrent la mort comme temporaire, réversible et impersonnelle.

Ce qui est normal car dans beaucoup d’histoires, on peut lire ou regarder des personnages ressusciter. Ils peuvent néanmoins comprendre qu’une personne décédée lorsque “la vie a cessé, qu’elle a l’air moins éveillée ou très fatiguée et ne se réveillent pas au bout d’un moment”.

  • Entre 5 et 9 ans, la plupart des enfants pensent que la mort est une personnification (squelette, faucheuse, Dieu, etc…) et que “seuls ceux qui ont volés sont tués” : la mort n’est donc pas universelle à leurs yeux, s’ils sont assez malins ou chanceux, ils ne peuvent pas mourir. Ils ont d’ailleurs tendance à ne pas le rapporter à leur personne et considèrent l’idée qu’ils peuvent y échapper.
  • Après 9 ans, les enfants comprennent la mort comme étant inévitable, universelle et personnelle : “tout le monde meurt un jour, même moi”.

Comment parler de la mort avec un enfant?

Quand Disney nous vient en aide.

Je me suis sentie obligée de parler de la mort avec ma fille de 2 ans et demi suite au décès de la compagne de mon père. Je voulais qu’elle ait une explication au pourquoi nous sommes tristes, pourquoi nous pleurons.

J’aime regarder des films et ma fille aime regarder et écouter des clips, fan d’une des chansons de Coco, nous avons “regardé” (surtout mon conjoint et moi) ce superbe dessin animé, que je recommande à tous!

J’ai donc simplement dit que “Mamie était partie nourrir Dante et Pépita (les animaux qui veillent sur les morts dans le film et qu’elle adore) et qu’elle ne reviendrait pas, qu’on ne la reverrait pas.”

Elle a juste regardé notre cadre photo et a montré ma belle-mère en disant “Mamie” (ma fille ne parle pas beaucoup).

Un jour, si elle se souvient de mes paroles, elle comprendra la signification.

Je conseille vivement ce dessin animé pour amener l’enfant sur le chemin de la spiritualité et diminuer certaines angoisses à la question qui revient souvent : “où allons nous quand on meurt?”

coco disney pepita dante

Parler de la mort avec un enfant à partir de de 3 ans :

Les jeunes enfants ont besoin de d’explications brèves et simples. Si vous le pouvez, utiliser des exemples concrets (animal de compagnie ou sauvage décédé par exemple).

Rendez la mort clair par l’absence de fonctions de la vie bien connues : lorsque les personnes meurent, elles ne respirent plus, ne mangent pas, ne parlent pas, ne pensent plus, ne ressentent plus rien;

quand un chien meurt, il n’aboie plus et ne court plus; quand les fleurs meurent, elles ne poussent plus et ne fleurissent plus.

Les jeunes enfants apprennent par la répétition, ils peuvent avoir besoin d’entendre régulièrement les mêmes explications. Certains poseront des questions, d’autres resteront silencieux; dans tous les cas, vérifiez bien que les informations sont bien comprises afin d’éviter la confusion (et certaines angoisses, si on peut éviter certains cauchemars…).

parler de la mort aux enfant

Attention aux mots utilisés.

Restez précis, éviter le vocabulaire lié au sommeil (papy est mort dans son sommeil, il s’est endormi pour toujours, il repose en paix, etc…) car certains enfants auront peur de mourir s’ils s’endorment.

Evitez également “papy s’en va” ou “il est parti”, certains enfants lient la mort à la séparation et pourront s’inquiéter de beaucoup de départs (si vous partez au travail ou faire des courses sans lui par exemple).

Restez factuel, évitez de parler de Dieu, il va juste percevoir la religion comme une punition “Dieu me prive de papy”, “il garde papy que pour lui”; de même pour “papy est heureux, il est parti au paradis avec les anges”, l’enfant ne comprendra pas pourquoi vous êtes malheureux alors que papy est heureux : laissez l’enfant comprendre les sentiments : la personne décédée nous manque, nous sommes donc tristes.

Quand une personne de votre entourage est décédée de vieillesse ou de maladie, sachez que l’enfant interprétera “on ne meurt que quand on est vieux” (ça serait trop beau…) et que “toutes les maladies causent la mort” : resituez la compréhension de votre enfant afin d’éviter un blocage futur (la peur d’un simple rhume par exemple).

Les questions des enfants peuvent être déroutantes (“quand est ce que tu meurs?”) mais cachent en général une peur à maitriser. L’astuce est de répondre à la question par une question comme “tu as peur que je meurs?”, ne demandez pas “pourquoi cette question?”, il ne sera pas l’expliquer et vous risquez de le braquer. Prenez votre temps pour ses questions, creusez pour rassurer votre enfant mais surtout, laissez le s’il devient silencieux : il range les informations obtenues comme un puzzle.

parler à son enfant puzzle

En conclusion.

Un enfant en deuil a besoin d’explications claires et brèves et surtout d’être rassuré sur sa sécurité, sur le fait d’être aimé et avoir le sentiment de pouvoir parler ouvertement de leurs sentiments.

La perte d’un être cher est douloureux et pour votre enfant, elle est également source d’apprentissage.

Si vous n’êtes pas dans la capacité de répondre aux questions à cause de votre propre deuil, passez la main à une personne qui pourra fournir les réponses et expliquez à votre enfant pourquoi vous ne pouvez pas discuter de la perte de la personne maintenant.

 

Sources :
  • https://childdevelopmentinfo.com/how-to-be-a-parent/communication/talk-to-kids-death/#.XJx2KphKiUm
  • http://www.jkapa.org/journal/view.html?doi=10.18529/psychoanal.2016.27.3.92#B56
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Auteur

lindsay.vandenbosch59@gmail.com

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