Parentalité

Comment créer un lien de confiance avec son enfant ? (partie 2/3)

Dans la première partie de cette trilogie d’articles, nous avons vu ce qu’était un lien de confiance parent-enfant.

Dans cet article, nous vous donnons des astuces concrètes pour créer ce fameux lien, peu importe notre passé.

 

Concrètement, comment créer une relation de confiance avec son enfant, même quand on a eu une relation difficile avec ses propres parents ?

 

Nous avons identifiés pour cela 4 piliers issus de la précédente définition de la confiance :

 

1 De la sécurité à la confiance.

2 Désamorcer les tensions dans son couple.

3 Désamorcer les tensions avec son enfant.

4 Accepter l’individuation de son enfant.

 

Ces 4 piliers sont donc le socle du plan de notre article.

 

Nous les avons choisis pour approfondir notre réflexion sur la création d’un lien de confiance avec nos enfants.

Oui, car nous ne sommes pas ici pour rester à la surface des choses, ni pour vous proposer du réchauffé !

 

Ici, nous faisons chauffer notre matière grise pour partager le meilleur avec nos lecteurs.

C’est bon pour vous ?

 

Alors, démarrons tout de suite avec :

 

Pilier 1 pour créer un lien de confiance avec son enfant : De la sécurité à la confiance

La confiance peut-elle se construire sans sécurité ?

 

Si nous nous appuyons sur la théorie des besoins de l’être humain selon Maslow, interprétée plus tard sous forme de la pyramide de Maslow, tout individu a besoin de satisfaire des besoins primaires avant de ressentir la nécessité de satisfaire d’autres besoins.

 

Notons ici que la représentation pyramidale des besoins est une interprétation de la théorie des besoins selon Maslow et que satisfaire tous les besoins sont essentiels selon Maslow pour qu’un individu s’accomplisse totalement.

Ce que nous trouvons enrichissant pour notre réflexion dans cette théorie de Maslow, ce sont les différentes catégories de besoins qui en ressortent.

 

Prenons l’exemple concret suivant :

Un enfant assiste tous les soirs à des disputes entre ses parents.

Cris, menaces de séparation, pleurs, mots et gestes violents se répètent tous les soirs.

 

Pour cet enfant, voir et entendre ses parents se disputer à répétition génère :

– inquiétude

– stress

– angoisse

– peurs

Tous ces sentiments atteignent la confiance que l’enfant place dans la relation entre ses parents, et réduisent son sentiment de sécurité.

 

Pyramide de Maslow sécurité affective

 

Imaginons maintenant cet enfant dans son quotidien.

L’enfant va à l’école avec une fatigue nerveuse, augmentée par des nuits probablement agitées, et sûrement un bon mal de ventre à ses réveils.

 

Ça sent le vécu, vous avez remarqué ? 😉

 

Dans ces conditions, nous pouvons facilement imaginer que la priorité pour que cet enfant retrouve un sentiment de confiance se situe au niveau de sa sécurité affective.

 

Ses besoins vitaux, la faim, la soif, avoir un toit, sont satisfaits.

 

En revanche, son besoin de sécurité affective est en carence. Il a besoin de recharger régulièrement son réservoir affectif et de libérer son vase émotionnel.

 

Nous pourrions imaginer qu’après sa journée d’école, cet enfant va à des activités sportives ou artistiques. Cela ne réduira en rien les angoisses qu’il aura en rentrant chez lui le soir, car il anticipera les disputes rituelles de ses parents.

 

De la sécurité affective à la confiance.

Pour créer un lien de confiance avec son enfant, il nous semble donc primordial de garantir une sécurité affective à son enfant.

 

Grâce à la sécurité affective que l’enfant gagne en vivant dans un foyer sécurisant, sa confiance intérieure peut grandir et se renforcer.

 

Qu’entendons-nous par un foyer sécurisant ?

 

Notre objectif n’est pas de dicter une conduite qui serait « parfaite » ou « idéale » pour chaque foyer.

En observant nos propres comportements, nous avons listé des comportements qui, selon notre expérience de parents, contribuent à la sécurité et à la création d’un lien de confiance avec nos enfants.

 

 

Pilier 2 pour : Désamorcer les tensions dans son couple.

Voici des comportements qui nous semblent appropriés :

 

Désamorcer les tensions ponctuelles dans son couple.

Quand une dispute ponctuelle arrive entre les parents sur un sujet ad hoc, et que l’enfant en est témoin :

S’excuser l’un et l’autre devant son enfant pour s’être crié dessus.

– Expliquer de façon très synthétique que même s’ils s’aiment, papa et maman ont parfois des désaccords, mais que leur amour est toujours plus fort.

Se faire un bisou de réconciliation devant son enfant, dès que chacun a retrouvé son calme, le plus tôt étant le mieux, et proposer un câlin « sandwich » tous ensemble pour resserrer le lien de confiance tout de suite avec son enfant.

Ne pas faire semblant que « tout va bien » si des tensions subsistent. Exprimer qu’on a besoin d’un temps au calme.

Revenir ensemble sur le sujet une fois que les tensions sont retombées de chaque côté.

 

calin sandwich parent lien de confiance

 

 

 

Veiller à notre équilibre de vie pro-perso nous paraît aussi essentiel pour éviter que les tensions se reportent sur la relation de couple.

Si la question de l’équilibre de vie pro-perso est importante pour vous aussi, nous vous recommandons la visite de ce blog spécialisé dans l’équilibre de vie des femmes et de leur couple.

 

Désamorcer les tensions fréquentes dans son couple :

Si les tensions dans le couple deviennent répétitives et fréquentes, et que les tentatives de dialogue à deux échouent :

Consulter un thérapeute ou un coach. Soit séparément, soit à deux.

S’interdire de laisser la situation s’envenimer au quotidien sans en parler à une personne extérieure qui ne soit ni de la famille, ni du cercle amical.

En parler à un ami ou à un membre de sa famille, c’est une chose, mais pour observer ses comportements avec du recul et faire progresser son ouverture, parler à un professionnel est idéal, même seul.

 

discuter avec amie couple problemes

 

Nous venons de voir que la sécurité affective est un des ingrédients essentiels pour créer un lien de confiance avec son enfant.

Nous remarquons aussi que la complicité est un autre ingrédient essentiel pour faire grandir l’assurance et le sentiment de sécurité intérieure chez son enfant.

 

La complicité ? Comment la créer ?

Pilier 3 : Désamorcer les tensions avec son enfant :

Quand le ton monte avec son enfant et que la patience du parent a été entamée :

Arrêter de faire monter le ton dès qu’on se rend compte qu’on est en train de s’énerver avec son enfant

Recréer de l’espace entre soi et son enfant pendant quelques secondes ou minutes selon son âge et selon le niveau de pression à faire retomber : un espace sonore de calme, un espace visuel où chacun n’est plus face à l’autre, un espace énergétique où chacun se reconnecte à son calme intérieur.

Revenir vers son enfant une fois le calme retrouvé

Se mettre à sa hauteur

– Lui proposer un câlin et se taire pendant ce temps, être pleinement présent

Se taire 😉 Savoir faire le silence en soi et autour de soi.

– Quand une explication demeure utile, après le calme revenu : mettre des mots sur ce que vous avez ressenti en vous responsabilisant : « c’est mon ressenti ».

 

calmer une crise contact

 

Voici, à ce sujet, un exercice pratique pour aider son enfant à mettre des mots sur ses ressentis :

décrire ce que vous comprenez de la situation à une peluche qui sert d’intermédiaire entre vous et votre enfant,

utiliser des cartes d’humeur ou les illustrations d’un livre et laisser votre enfant vous parler des humeurs qu’il veut, sans intervenir.

 

Un enfant en bas-âge exprime beaucoup d’émotions à travers ses gestes et expressions de visage. A vous ensuite de verbaliser ce qu’il est en train de mimer et de vous dire, comme si vous parliez à sa place, sans jugement, sans en faire des tonnes, juste en nommant les choses.

 

Par exemple : “Oh je suis en colère maman ! Je voulais jouer au ballon avec toi et tu as dis non ! C’est pas juste”.

 

Vous pouvez aussi mimer l’expression que vous voyez sur le visage de votre enfant, en vous mettant à sa hauteur, comme un miroir.

Si vous le faites bien sûr sans moquerie, avec bienveillance et dans l’intention de vous mettre à la place de votre enfant, de lui témoigner que vous avez reçu son message, l’empathie sera au rendez-vous et la réconciliation aussi 😀

Essayez, ça fonctionne à merveille pour libérer les émotions et désamorcer les tensions avec son enfant, à tout âge 😀

 

Eviter le mode caliméro et les interprétations maladroites du type : « Tu as fait ça pour m’embêter…. », « C’est toujours pareil avec toi », « J’en peux plus »

– S’excuser de s’être laissé emporter par l’agacement

– Apprendre à gérer les crises de son enfant pas à pas comme expliqué dans notre article.

 

Apprendre la communication non-violente :

Revenir aux bases de la communication non-violente :

Quand la communication est tendue avec son enfant :

Se remettre en ouverture

Ecouter ses propres besoins

Prendre un temps pour soi

Observer sa propre posture, ses propres ressentis

Accueillir l’ouverture de son enfant

Prêter une oreille ouverte à son enfant

Accueillir la proposition de jeu ou de câlin spontanée de son enfant

Accepter d’abandonner son idée fixe d’avant la dispute si cela est possible

Lâcher-prise sur l’idée de « faire comprendre » ceci ou cela à son enfant tout de suite et maintenant. Si la communication ne passe pas à cet instant, chercher à la forcer est contre-productif.

 

personnes colère

 

Petit exercice pour réfléchir ensemble à ce qu’est l’écoute active et à ce qu’elle n’est pas :

Petit test d’écoute active pour celles et ceux qui ont 2 minutes pour lire un exemple de situation de non-écoute et réagir en commentaire, ça se passe ici.

 

Remarquez que les conseils partagés contre les tensions avec son enfant sont aussi bons à suivre dans le couple 😉

 

Pilier 4 : Accepter l’individuation de son enfant.

Il arrive qu’un parent, maman ou papa, vive une relation si fusionnelle avec un de ses enfants que pour ce parent, il est naturel de confondre son enfant avec ses propres désirs et représentations.

Pour en savoir plus, c’est par ici.

 

« J’emploie l’expression d’individuation pour désigner le processus par lequel un être devient un in-dividu psychologique, c’est-à-dire une unité autonome et indivisible, une totalité »

Carl Gustav Jung.

C’est ainsi que des enfants devenus adultes dans une relation avec une absence totale de confiance, comme je l’ai connue, mettent une distance physique et matérielle avec leurs parents. 

 

En fait, cette distance matérialise la distance relationnelle que l’individu ressent vis-à-vis de son ou ses parents, et le besoin de manifester son indépendance si vitale pour lui.

 

« L’essence de l’indépendance est de pouvoir faire quelque chose pour soi-même »

Maria Montessori.

Quand j’ai pris la décision d’assumer mon indépendance et ma vie d’adulte vis-à-vis de mes parents, j’ai dû me protéger de la pression et du harcèlement familial. 

Ma maman répétait qu’elle ne reconnaissait pas sa fille, et a plusieurs fois exprimé aussi que je n’étais plus sa fille quand j’essayais d’avoir un échange adulte avec elle.

 

La vérité, c’est qu’un parent trop fusionnel avec son enfant croit bien le connaître, alors qu’il ne cherche qu’à le formater à l’image de ses besoins personnels. Même quand cela est un processus inconscient, il est possible de s’en rendre compte en regardant son enfant avec lucidité.

 

Un enfant qui vit dans un environnement sans relation de confiance avec ses parents finit par en souffrir. Cela se manifeste à travers les signes cités plus haut, et à partir de l’apparition de symptômes pouvant être étiquetés comme des “maladies imaginaires” par l’entourage alors que ce sont en fait des signaux d’alertes pour tenter de se faire entendre et comprendre au-delà des mots.

 

Anecdote personnelle à ce sujet par exemple :

Mes parents et notre médecin de famille ont mis 15 ans à prendre mes maux de ventre au sérieux. J’étais étiquetée comme “enfant stressée”. Jeune adulte, mes symptômes s’aggravent et grâce à un examen simple et bénin le gastro-entérologue me décèle une intolérance au gluten. 

 

De la même façon, en primaire puis au collège et au lycée, je suppliais ma mère de m’accompagner chez un psychologue suite à un traumatisme de l’enfance dont elle avait très bien connaissance. Confondant son mode de fonctionnement et le mien, et ne m’accordant pas sa confiance, elle considérait que cela ne servait à rien. Elle campa sur ses certitudes, ce qui me valut de longues années de souffrance psychique inutile. C’est une fois de plus jeune adulte que j’ai moi-même fait la démarche de consulter un psy avec qui la rencontre a été salvatrice.

 

Vous comprenez maintenant l’importance pour moi d’avoir partagé avec vous les 4 piliers essentiels pour créer un lien de confiance avec son enfant 😉

 

Afin de ne pas louper cette trilogie d’articles, vous pouvez :

Rendez vous mardi 15 octobre pour la réponse au Quizz.

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Auteur

lindsay.vandenbosch59@gmail.com

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