Parentalité

Comment parler de la mort à un enfant

Parler de la mort à un enfant n’a rien de facile… pour l’avoir vécu…

Le 3 janvier 2019, la compagne de mon père est décédée. 

Ma fille avait un peu plus de 2 ans. 

Et j’ai dû lui expliquer :

  • Pourquoi papy pleurait,
  • Qu’on ne verrait plus mamie
  • et pourquoi l’ambiance était triste.

 

Voici comment je m’y suis prise avec l’aide de 2 articles que vous trouverez à la fin de cet article.

 

Son jeune âge m’a été utile.

 

Les enfants ne comprennent pas la mort dans sa globalité mais par sous-concepts qui sont :

  • L’irréversibilité.
  • La non fonctionnalité.
  • L’inévitabilité (ou l’universalité).
  • La causalité.
  • La continuation non corporelle.
  • L’imprévisibilité.
  • La vieillesse. 

 

Ces concepts sont compris en fonction de l’âge, du vécu de l’enfant (s’il a déjà vu un animal mort par exemple) et de ses origines (un enfant qui est né dans un pays en guerre comprendra plus vite la mort “dans sa globalité”).

 

Avant 4-5 ans,

les enfants ne comprennent pas les sous concepts de la mort. D’ailleurs, ils la considèrent comme temporaire, réversible et impersonnelle.

C’est normal notamment à cause des histoires où l’on peut lire ou regarder des personnages ressusciter (ou du moins allongé pendant un certain temps avant de reprendre leurs esprits). 

 

Ils peuvent néanmoins comprendre qu’une personne est décédée lorsque “la vie a cessé et que la personne ne se réveille pas au bout d’un moment.”

 

Entre 5 et 9 ans,

la plupart des enfants pensent que la mort est une personnification (squelette, faucheuse, Dieu, etc.) et que “seuls ceux qui ont volé sont tués”. La mort n’est donc pas universelle à leur yeux, s’ils sont malins ou chanceux, ils ne peuvent pas mourir. Ils ont tendance à se croire immortel. 

 

Après 9 ans,

les enfants comprennent la mort comme étant inévitable, universelle et personnelle : “tout le monde meurt un jour, même moi”.

 

Le grand secret pour parler de la mort: rester factuel.

 

Les enfants ont besoin d’explications brèves et simples.

Rendez la mort claire par l’absence de fonctions de la vie bien connues : 

  • lorsque les personnes meurent, elles ne respirent plus, ne mangent pas, ne parlent pas, ne pensent plus, ne ressentent plus rien.
  • quand un chien meurt, il n’aboie plus et ne court plus.
  • Ou quand les fleurs meurent, elles ne poussent plus et ne fleurissent plus.

 

Si votre enfant vous questionne sur la mort (sans avoir connu la perte d’une personne de son entourage), essayez d’utiliser des exemples concrets (comme un animal de compagnie ou sauvage décédé par exemple).

 

Les enfants les plus jeunes apprennent par répétition. Ils peuvent avoir besoin d’entendre régulièrement les mêmes explications.

Certains poseront des questions, d’autres resteront silencieux. Dans tous les cas, vérifiez que les informations soient bien comprises pour éviter la confusion et les angoisses (si vous pouvez éviter certains cauchemars…).

 

A éviter avant 7 ans.

 

Le vocabulaire lié au sommeil :

« Mamie est morte dans son sommeil, elle s’est endormie pour toujours, elle repose en paix, etc. » Certains enfants auront peur de mourir en s’endormant.

 

Les phrases comme : 

  • “mamie s’en va” ou “elle est partie” car certains enfants lient la mort à la séparation et pourront s’inquiéter si vous partez (travailler, faire des courses, etc.) sans lui.
  • “mamie est heureuse, elle est au paradis avec les anges” : votre enfant ne comprendra pas pourquoi vous êtes tristes alors que sa mamie est heureuse. Laissez votre enfant comprendre les sentiments : “mamie nous manque, nous sommes donc tristes”.

 

Imager la mort :

“mamie est au ciel”. Votre enfant risque de simplement regarder le ciel et ne rien voir.

Il pourra avoir l’impression d’être :

  • diminué : “les adultes voient mamie mais pas moi”,
  • fautif : “si je ne vois pas mamie, c’est que j’ai fait quelque chose de mal”,
  • ou penser que vous ne lui dites pas la vérité (pas terrible pour créer un lien de confiance).

 

Parler de Dieu.

Votre enfant liera la religion avec punition : “Dieu me prive de mamie, il garde mamie que pour lui”.

 

Si la personne décédée est décédée de vieillesse ou de maladie,

sachez qu’un enfant interprète ces informations comme “on meurt uniquement quand on est vieux” ou que “toutes les maladies causent la mort”. Il faut resituer la compréhension de votre enfant afin d’éviter un blocage dans le futur (la peur d’un simple rhume ou d’aller à l’hôpital par exemple).

 

A partir de 7 ans,

vous pouvez lui parler du concept du corps et de l’esprit. Selon ses questions, vous pouvez lui parler des différentes croyances comme le paradis et l’enfer ou la réincarnation et lui demander quelle croyance il préfère.

 

“Quand est ce que tu meurs?”

 

Non, non, non, votre enfant ne pense pas à son héritage. Il essaie de maîtriser sa peur.

L’astuce est de répondre à la question par une autre question : “tu as peur que je meurs?”

 

Ne demandez pas le pourquoi de sa question : il ne saura pas vous l’expliquer et risque de se braquer.

 

Prenez votre temps pour répondre à ses questions. Creusez (sans mauvais jeu de mots…) pour rassurer votre enfant. S’il devient silencieux : laissez le, il range les informations obtenues comme un puzzle.

 

Merci les studios Disney!

 

J’adore les dessins animés et Disney offre un regard pétillant sur la mort avec le film Coco.

Ma belle mère adorait nous gaver comme des oies. J’ai donc dit à ma fille que mamie était partie nourrir Dante et Pepita. 

Un peu de rires dans ses moments de tristesse ne font pas de mal!

 

 

Je vous conseille vivement le film pour amener votre enfant sur le chemin de la spiritualité et/ou diminuer certaines angoisses à la question qui est souvent posée : “où allons nous quand on meurt?”

 

Conclusion.

 

Perdre un être cher est toujours difficile. Je vous présente mes condoléances si vous êtes endeuillé(e) au moment de lire cet article.

Pour le bien être de votre enfant  :

  • soyez factuel (lorsque les personnes meurent, elles ne respirent plus, ne mangent pas, ne parlent pas, ne pensent plus, ne ressentent plus rien),
  • évitez de parler de surnaturel,
  • si possible, répondez à leurs questions par des questions,
  • acceptez que votre enfant voit votre chagrin : il a le droit de comprendre ce qu’est la tristesse.
  • gardez à l’esprit que la mort est une source d’apprentissage.

 

Pensez à vous faire aider par une personne de confiance aux yeux de votre enfant si vous n’arrivez pas à parler du décès.

Bon courage.

 

Si vous souhaitez partager votre expérience, n’hésitez pas à commenter sous cet article pour aider d’autres parents à parler sans tabou de la mort à leur enfant. Merci d’avance.

 

Sources :

How to talk to kids about death.

The development and Clinical Implication of Subconcept of Death in Children (Le développement et l’implication clinique du sous concept de la mort chez les enfants).

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Auteur

lindsay.vandenbosch59@gmail.com

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