Gérer une crise en 3 étapes.

calmer une crise parentalité positive

Vous êtes en train de préparer le dîner.

Soudain, votre enfant s’approche de vous et “baraguine” quelques mots.

“- J’arrive mon amour, je termine le repas.”

Vous accélérez la cadence pour que le diner soit prêt rapidement et répondre à votre progéniture.

Subitement, il se jette sur le sol et commence à hurler. Et c’est reparti pour un tour!

 

Voici une méthode simple et efficace pour calmer une crise sans s’épuiser (ou presque).

 

 

Tout d’abord : Qu’est ce qu’une crise?

 

Appelée communément “caprice” ou “tempête émotionnelle”, une crise est la réaction à “la goutte d’eau qui fait déborder le vase”.

Nous avons tous un vase émotionnel qui se vide et se remplit tout au long de la journée plus ou moins rapidement selon :

  • l’état de fatigue,
  • la confiance en soi,
  • la réaction des autres.

Notre vase se remplit de la même manière. L’unique chose qui diffère est la taille du vase qui varie selon l’âge de l’individu.

 

Pour calmer une crise, il faut donc vider un peu le vase et éponger l’eau qui a coulé tout autour.

 

vase émotionnel crise

 

 

 

1. Définissez le problème.

 

Avant d’agir : connaissez vous le déclencheur?

  • Oui : répondez à sa demande (voulait il vous voir cuisiner? A t il faim? Veut il vous montrer son super dessin/jouet?). Le fait de répondre à sa demande rapidement peut faire arrêter la crise. Si ce n’est pas le cas, passez au point 2.
  • Non : verbalisez rapidement le problème de communication (“je ne t’ai pas entendu, répète” ou la phrase magique quand on ne comprend pas encore les paroles de son enfant : “montre moi”). Il hurle de plus belle? continuez la méthode.

Il est possible de gérer les émotions d’un enfant avec 1 ou 2 phrases.

Ne perdez pas votre énergie et votre temps à le raisonner : un jeune enfant ne peut pas raisonner.

 

2. Taisez vous.

 

Dans les livres et autres contenus sur la parentalité bienveillante, on trouve souvent le conseil : mettre des mots sur les émotions de l’enfant.

Et si ce conseil ne fonctionne pas (ce qui arrive régulièrement), il se cache trop souvent derrière l’âge des enfants et les tempêtes émotionnelles.

 

Alors oui, selon l’âge (18-24 mois surtout), l’enfant sera plus sujet aux crises suite, en général, à un manque d’autonomie (frustrer de ne pas savoir s’habiller, de ne pas accéder à tel placard, etc.) ou de communication mais il n’y a pas que ça.

 

Votre enfant est saoulé par les mots, les justifications, les possibles raisons de ses frustrations.

Le cerveau est en surchauffe : laissez le se refroidir.

 

cerveau crise stress

 

Je vous conseille cet article, la mise en situation est explicite et applicable à tout le monde (même les enfants).

 

Vous aurez tout le loisir de communiquer avec lui une fois la crise passée.

 

Sur le moment, acceptez les hurlements même si c’est difficile.

 

3. Proposez un contact.

 

“Tenez le dans vos bras, même s’il se débat, la crise passera plus rapidement” : voici ce que j’ai lu et appliqué pendant 2-3 mois.

 

Un jour, mon conjoint, après m’avoir vu prendre notre fille dans mes bras en évitant les coups tant bien que mal, me demande :

“- Quand tu es en colère, aimerais tu que je t’oblige à rester dans mes bras?”

Agacée par la situation, je lui réponds instinctivement : “Bien sûr que non!”

Silence… Déclic!

 

Nous oublions trop souvent que nous sommes des animaux et en tant que tel nous avons un super pouvoir : le langage corporel.

 

être animal

 

Connaissez vous le meilleur? C’est inné (du coup, votre enfant connait les codes… parfois mieux que vous!)

 

Votre enfant se roule au sol? Asseyez vous près de lui en l’observant du coin de l’œil (idéalement tête baissée).

Il se peut que votre enfant ne supporte même pas votre regard.

Regardez vos pieds.

 

Mettez vous de profil et avancer votre bras : soit il va vous l’attraper (et à donc besoin d’un gros câlin) soit le refuser (et hurler plus fort dans un premier temps).

 

Si vous craignez qu’il ne se blesse : mettez le en sécurité même s’il se débat, il vaut mieux un enfant qui hurle de frustration qu’un enfant blessé.

 

Dans 96% des cas, votre enfant aura besoin d’un contact physique.

 

calmer une crise contact

 

C’est bien beau sur le papier mais dans la réalité, comment ça se passe?

 

Après quelques jours (moins d’une semaine) de pratique, ma fille ne hurle plus à tout va.

En général, elle va se mettre à terre et trembler (autre manière de libérer le stress).

Elle accepte plus facilement le contact.

Elle patiente 3 secondes (c’est énorme!) afin que je puisse la comprendre et maintenant (presque 3 ans) essaie de mettre des mots sur sa frustration après la crise (son langage n’est pas encore bien développé à l’heure où j’écris ces lignes).

 

Dans la rue, il se peut qu’elle se laisse tomber, je lui propose de la relever en tendant mon bras : soit elle me dit non et j’attends (elle se relève d’elle même ou tend son bras quelques secondes plus tard) soit elle accepte mon “aide”.

 

J’ai testé cette approche avec d’autres enfants que je connais plus ou moins bien : la plupart ont réagit positivement, les autres ont couru vers leur figure d’attachement et tous on était surpris de l’utilisation du langage corporel et de ma proposition d’aide brève : “puis je t’aider?”

 

Et dans un magasin?

 

J’ai pratiqué cette méthode dans un magasin de décoration (elle voulait grimper sur des toboggans mis les uns sur les autres non stabilisés).

Je me suis assise au sol et est attendue.

 

Une personne âgée (à savoir : j’ai une dent sur ce genre de personne qui commente sans proposer de solution…) s’est approchée et a rit de la situation. Je l’ai envoyé paître en lui demandant si elle aimerait que je la vois pleurer (elle pensait peut être que j’allais la battre en y repensant…).

 

Sa réponse évidente :

“- Non.”

“- Ma fille est pareille, vous pouvez continuer vos achats sans la regarder, merci”.

D’autres phrases comme “circulez, il n’y a rien à voir” ou “nous ne sommes pas des bêtes de foire” fonctionnent également. #labienveillanceaseslimites

 

Ma fille n’a plus jamais fait de crises dans un magasin (depuis plus d’un an).

 

méthode fonctionne

 

Pour être honnête, nous allons rarement faire les magasins, ce n’est pas un lieu pour les enfants (trop de stimulations).

 

Je n’ai pas trouvé cette “méthode” dans un livre ou autre blog, j’ai simplement testé une approche sur une simple question de mon conjoint. J’espère qu’elle vous aidera dans votre quotidien.

 

Et vous? Comment gérez vous les fameuses crises? Dites le moi dans les commentaires.

N’hésitez pas à aider un parent en partageant cet article.

 

Pour en savoir plus :

Pourquoi un enfant pique t il des crises de colère?

S’excuser, ça s’apprend (pour apprendre à communiquer plus efficacement).

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Commentaire (6)

  • chaparledequoi| 15 août 2019

    Franchement niveau gestion des crises. C’est triste à dire mais ça dépend de mon état de fatigue (vase émotionnelle toussa) et je sais que ce n’est pas bien. Qu’un enfant n’a pas à subir mon vase émotionnel. J’y travaille.
    Mais effectivement, j’ai déjà essayé la méthode de le maintenir de force 👉🏼 Mauvaise idée. J’ai testé la proposition de câlin, il est tout de suite venu et s’est calmé. Je trouvais ça étrange au début de le câliner alors qu’il était en pleine crise (suite à une bêtise ou frustration) mais après réflexion, ça me paraissait normal et évident.

    • Lindsay| 15 août 2019

      C est humain de s énerver quand on est frustré/fatigué, etc… surtout quand on nous a appris à se calmer rapidement par la contrainte (punitions par exemple).
      Le besoin de câlins est un besoin de sécurité car on accepte les crises mais il faut les gérer (ma fille tremble plus qu elle ne crie depuis ses 18 mois environ). Je ne suis pas parfaite, je crie aussi mais c est en se rendant compte puis en travaillant sur cette émotion qu on s améliore 😉
      Pas facile d être parent !

  • Celine - Madame Newstart| 29 août 2019

    Hello Lindsay 😁 superbe article encore une fois et sujet passionnant dont tu fait un bon tour d’horizon avec des repères essentiels. La situation décrite en intro arrive régulièrement à la maison, et j’ai vite remarqué que parler peu = mieux, proposer un câlin ça fonctionne toujours, d’ailleurs c’est mon fils lui-même qui le demande quand il sent une frustration qui monte. Autre point important : dès que je sens que la situation me met sous tension, je me tais, et je respire profondément, doucement, longuement. Je fais cela de façon automatique avec la pratique régulière de la méditation et ça fonctionne super bien, y compris pour mon fils qui sait s’apaiser en soufflant aussi 😁 merci pour tes partages et bravo pour ta super gestion des crises !

    • Lindsay| 29 août 2019

      Salut Céline! Merci de ton retour!
      Je t’avoue que je ne pratique pas la méditation (pourtant, j’ai plein de livres qui traitent du sujet…).
      Je respire beaucoup depuis ma grossesse car j’ai des petits soucis… surtout quand ma fille a besoin d’un câlin, la tête bien posée sur ma poitrine! Comme ton fils, ça la calme.
      Encore aujourd’hui, j’avais envie de dire à mon conjoint : « tu ne lis pas mes articles, n’est ce pas? » il n’arrêtait pas de lui demander ce qu’il se passait et elle pleurait à chaque fois…
      Au bout d’un moment, il a arrêté et, comme par magie… la situation est redevenue normale en quelques minutes!
      J’espère que ma fille sera s’apaiser comme ton fils dans un futur proche <3

  • Joandcom| 3 septembre 2019

    Hello Lindsay, merci pour ce bel article ! Je trouve ça vraiment bien écrit et je pense que beaucoup de parents peuvent en prendre de la graine. J’aime beaucoup l’idée du vase émotionnel, cela me parle car bien qu’étant adulte j’en fais souvent les frais. Une journée qui se passe mal et je rentre à la maison avec toutes mes frustrations proches d’exploser haha
    En tout cas, le témoignage de ta fille est bluffant et montre vraiment les vertus de la communication non violente et l’écoute. Bravo !

    • Lindsay| 4 septembre 2019

      Hello Jo! Merci de ton commentaire 🙂
      Oui, nous oublions tous que nous sommes de grands enfants 😉
      La communication non violente est assez frustrante à pratiquer au quotidien mais quand on perçoit les fruits : on ne peut qu’être ravi!
      Au plaisir.

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