Le sucre : la drogue dure des petits et grands.

     

Week end du 5 mai 2019, c’est mon anniversaire.

je suis épuisée rien que d’y repenser… 

La cause ? le comportement de ma fille, Zelda, de presque 3 ans. 

Elle avait le diable au corps ! 😱

Une droguée sous exta en manque…

Et la dealeuse, c’est moi.

 

Tout commence le samedi matin.

Nous sommes chez mon père.

Zelda adore jouer avec la chienne qui n’attend que ça.

Elle est plus excitée qu’à la maison, comme beaucoup d’enfants, mais je gère. ✌️

Malgré la pluie, nous allons au marché (on a l’habitude, nordiste oblige…).

Arrivé sur place.

Le décor est posé.

Le premier stand propose… des jouets.

Zelda ne le regarde même pas.

Elle a vu bien mieux.

🍓🍓Des fraises🍓🍓.

Ma fille est droguée aux fraises et ça me va.

Quand ce n’est pas la saison, elle se rabat sur les pommes, les bananes et autres fruits qu’elle prend plaisir à découvrir.

(mais toujours avec la fameuse loi : on goûte 10 fois avant de dévorer)

Vu le temps, les stands sont aussi rares que les passants :  tant mieux pour nous !

Soudain, ma petite tête blonde court vers un stand.

🍭Le stand de sucreries 🍬.

Et là, il y a la totale : gâteaux, biscuits, bonbons, chocolats, boissons, etc.

 Week-end de “fête” oblige, je succombe à la demande de ma chérie : ok pour un paquet de bonbons.

Elle choisit des petites pastilles de chocolat colorées.

Je paye.

Elle les range dans mon sac et réclame son panier de fraises.

🎉 Victoire! Les fraises ont plus de pouvoir sur elle que des chocolats colorées! 🎉

La journée se passe bien, j’ai même le droit à une sieste avec silence total grâce à la sortie au parc Papy-Papa-Miss. 

Je suis au paradis 😌 ! 

Nous passons une nuit calme.

 

Jour J : l’apocalypse.

Comme la grossesse me fatigue vite, je fête mon anniversaire en petit comité.

Deux amies dont une je n’avais pas vu depuis 8 mois.

L’ambiance est détendue.

Thé, café, gâteau : c’est parfait.

Zelda préfère les petites boites de chocolat (oubliée dans le sac) achetées la veille.

Soudain, ma fille a l’air de ne pas savoir ce qu’elle fait.

Elle court du salon vers la cuisine – de la cuisine vers le salon.

Tourne autour du chien.

Joue 10 secondes avec ses jouets.

Puis prend son élan pour… s’exploser contre la baie vitrée ! 😤

 
Les échecs à la pelle.

Anniversaire ou non : je reste une mère.

Mon conjoint et moi même gérons la situation comme nous pouvons :

❌ Jeux

❌ Câlins

Boissons (le fait de boire apaise)

Elle réclame ses chocolats : Ok, une boite si je peux profiter de mes amies.

Elle avale d’un coup la boite et en réclame encore! Là, je refuse.

Douche froide, elle se jette au sol et commence à crier 😡.

Mon conjoint s’approche.

Elle recule vers le mur et hurle comme s’il venait de la brûler (ou l’asperger d’eau bénite à ce stade…).

J’ai honte. On ne s’entend plus parler.

Mon conjoint l’emmène dans le jardin pour qu’elle s’apaise près des poissons (vive les bassins extérieurs !).

Je l’entends hurler comme un porc qu’on égorge malgré la porte fermée ! 😱

Mon énergie se vide plus vite que prévu.

Je l’emmène dans la chambre, lumière tamisée.

Tente un massage : échec !

Le moment de quitter mes amies arrivent. Je me confonds en excuses.

Ce jour là, Zelda a, quand même, dormi tôt (20h45)… et moi aussi!

 

Deux mois plus tard, j’achète par hasard le livre “et si on arrêtait d’empoisonner nos enfants” d’Erwann Menthéour.

L’auteur y parle de sucre au chapitre 4… et c’est flippant ! 😨

 

Qu’appelle t on “sucre”?

On différencie les sucres simples (sucres dits “rapides”) et sucres complexes (sucres dits “lents”).

Les sucres simples les plus connus sont :

  • Le fructose (= sucre de fruits). C’est sucre naturel. Il est présent dans les fruits, les légumes et le miel.
  • Le glucose, présentée sous forme de poudre.
  • Le saccharose. Résultat de la fusion entre le fructose et le glucose.
  • Le lactose. Sucre présent dans le lait.

Les sucres complexes sont des molécules de plusieurs sucres simples que notre corps transforme en glucose, on en trouve dans :

  • le pain
  • le riz
  • les pates
  • les légumineuses
  • les légumes de la famille des tubercules comme la pomme de terre.
  • les céréales complètes.

Le rôle principal du sucre est de fournir de l’énergie : il est donc nécessaire à l’homme.

 

L’histoire du sucre en 20 secondes.

Le sucre, sous sa forme raffinée ( = “sucre de table”) est arrivé il y a quelques dizaine d’années.

En France, à la fin du 19e siècle, en pleine révolution industrielle, le suce raffiné est appelé sucre royal et est consommé par les riches. On en trouve qu’en pharmacie.

Le reste de la population le consomme sous sa forme naturelle : le fructose dans les fruits et légumes.

La consommation annuelle par personne est de 5Kg.

Au début du 20e siècle, la population s’enrichit et la consommation de sucre annuelle passe de 5 à 17kg/personne soit 4 morceaux de sucre par jour.

Aujourd’hui, c’est 18 morceaux de sucre quotidiennement consommés soit 35kg/an par personne.

Soit 3 fois plus que les recommandations de l’OMS!

En 2 siècles, nous avons quintuplés notre consommation de sucre.

A savoir : une canette de coca = 7 morceaux de sucre.

 

Pourquoi le corps aime-t-il le sucre simple?

Notre cerveau carbure à 80% avec le glucose.

Notre corps aime la facilité (oui, oui même nos organes).

Quand nous lui offrons du sucre simple, il a moins de travail à faire et est donc content.

Bémol : le sucre stimule un des 3 circuits de la récompense : il rend donc accro le cerveau.

 

Le sucre, talon d’Achille des enfants.

Les enfants ont la capacité d’ingérer plus facilement et rapidement le sucre que les adultes.

 

Pourquoi et comment?

Quand nous mangeons du sucre, les capteurs au niveau de la langue et de l’œsophage envoient un message au pancréas. Le pancréas commence à sécréter de l’insuline pour réduire le taux de sucre dans le sang.

Comme les organes des enfants ne sont pas encore finis. Les messages sont reçu moins vite.

Un enfant peut supporter 15 fois plus de goût sucré qu’un adulte.

Et le sucre rapporte gros !

 

Les enfants et le sucre : un business juteux.

Connaissez vous le point de félicité? Il s’agit de la poule aux œufs d’or des industriels.

C’est le dosage des aliments pour stimuler le cerveau à son extrême en boostant la dopamine, le même circuit de plaisir que la cigarette. La dopamine procure des sensations d’apaisement et d’euphorie.

Le but des grandes entreprises est donc que le consommateur atteigne le plaisir maximal.

Les enfants pouvant consommer plus de sucre, business is business, le secteur agro-alimentaire n’hésite pas à augmenter les doses dans les produits destinés en priorité aux enfants… et de les rendre accros!

Encore plus flippant, le chercheur Serge Ahmed au CNRS à Bordeaux, a démontré par une étude qu’”entre la cocaïne et l’eau sucrée, les souris les plus addicts le sont à l’eau sucrée.”

 

Comment fonctionne la dépendance?

En mangeant le sucre, le pancréas va sécréter plus ou moins rapidement de l’insuline.

L’insuline est une hormone qui transforme le sucre en graisse pour diminuer taux de sucre dans le sang.

Mais comme le cerveau adore le sucre, il envoie des impulsions afin de déclencher une hypoglycémie directionnelle (il fait croire à l’organisme qu’il n’y a plus de sucre dans l’organisme).

L’adulte reprend une pincée de sucre, l’enfant, une poignée.

Le sucre appelle le sucre.

 

Comment les industriels réussissent à se faufiler dans nos maisons?

Nous vivons dans un monde où tout doit être simple et rapide et les industries l’ont bien compris!

Dès le matin, ils vous proposent le petit déjeuner “idéal” de vos enfants : les céréales.

Quand on pense à “céréales”, on voit les champs de blé et non les kilos de sucre!

 Et pourtant, 30g de céréales = 11g de sucre!

 

Et en général, les enfants consomment plus de 30g…

L’OMS fixe à 25g la consommation journalière de céréales sans mettre en péril le système immunitaire pour la vie entière.

Le corps n’a pas besoin de saccharose pour fonctionner. 

La proportion de sucre présente dans les céréales complètes, fruits et légumes suffisent pour les enfant apports de glucose.

1 pomme = 2 à 3 morceaux de sucre blanc avec supplément de vitamines et de fibres.

 

En bannissant toute forme de céréales industrielles : on diminue drastiquement les possibilités d’obésité chez l’enfant.

Privilégiez plutôt :

  • les fruits de saison, les pommes et bananes sont des valeurs sûres.
  • 1 ou 2 morceaux de chocolat noir à 70% de cacao et – 20% de sucre
  • Les fruits secs à volonté.

 

Les dangers du sucre.

Bien que certaines études réfutent l’idée que le sucre est responsable d’hyperactivité (il s’agirait plutôt de la caféine présente dans le chocolat), il est responsable de d’autres maux… qui tuent :

  • obésité et soucis annexes qui en découlent (dépression, maladies cardiovasculaires, etc.)
  • diabète qui soit :
    • provoque des hypoglycémies qui favorise à long terme des convulsions voire des comas.
    • provoque une altération du foie, qui fonctionne moins bien, ne fournit pas assez de glucose aux cellules qui se fatiguent (et redemande du sucre du coup) : le corps devient à la longue intolérant au glucose. C’est le diabète de type 2.
  • porosité intestinal qui favorise la prolifération de toutes les bactéries.
  • cancers.

En France, une personne sur deux est en surpoids.

Dans le monde, il y a plus de personnes qui meurent suralimentation que de sous alimentation.

Evidemment, certaines personnes sont confrontées à la génétique mais la génétique n’explique pas ce taux anormalement croissant-flippant.

 

Comment devient on obèse?

Avant l’âge de 8 ans, nous constituons un capital de cellules graisseuses.

Il s’agit du nombre de cellules graisseuses qui nous suivra tout le reste de notre vie.

Plus l’enfant de moins de 8 ans mangera sucré, plus il aura de cellules graisseuses.

Ces cellules vont se vider et se remplir au gré des régimes et changements d’alimentation.

Une personne qui possède plus de cellules graisseuses grossira plus facilement qu’une personne qui en possède très peu. 

L’enfant qui mange équilibré avant ses 8 ans aura, en théorie, aucune chance d’être obèse.

 

Comment ça marche?

Notre organisme transforme les glucides en énergie et constitue des réserves de secours notamment dans les muscles et le foie, en graisse pour ce dernier :. c’est pour cela qu’on dit que le sucre se transforme en graisse.

Quand le taux d’insuline baisse, notre corps puise dans les graisses pour fournir de l’énergie : il va “brûler nos graisses”.

Une enzyme a pour fonction de réduire les cellules dans lesquelles sont stockées nos graisses.

Problème : cette enzyme est impressionnée par l’insuline. Donc tant que l’insuline est là, les glucides restent dans les cellules graisseuses.

La surpopulation peut faire apparaître de nouvelles cellules graisseuses pour stocker les lipides non brûlées.

L’insuline demande aux cellules du foie de transformer les lipides en triglycérides (graisse très résistante) au lieu de les brûler pour fournir de l’énergie.

Si nos graisses ne brûlent pas, elle poussent les murs. Et on grossit.

Un enfant en surpoids à une épée de Damoclès au dessus de sa tête pour le restant de sa vie.

 

C’est bien beau de faire peur aux parents mais comment on en parle à nos petits drogués dans la vie réelle?

 

  1. La prohibition ne fonctionne pas avec les enfants (et chez la plupart des adultes aussi…).
  2. Evitez de mettre en lumière l’aliment diabolique car les enfants, notamment les adolescents, vont vouloir tester la “menace” pour la comprendre.
  3. Tout est une question de mesure : Le sucre n’est pas mauvais en soi mais son excès oui.
  4. Ne présentez pas le sucre comme une récompense ou l’invité parfait à toutes les occasions festives car la récompense est un but à atteindre. Plus tard, quand votre enfant sera autonome, il n’aura plus de frein et aura tendance à se faire des “mauvais cadeaux”.
  5.  Ne coupez pas vos enfants de leurs relations sociales : apprenez lui à refuser un excès de sucreries sans qu’il offense la personne qui offre. (“Nan, j’en veux pas, c’est mauvais pour la santé, ça rend gros et ça tue!”) mais aussi à se faire plaisir sans se culpabiliser et sans avoir à vous le cacher.

 

Pour finir, derrière le titre alarmiste “et si on arrêtait d’empoisonner nos enfants?” se cache une petite pépite d’informations à la portée de tous.

Le sucre est un chapitre parmi tant d’autres qui a pour but d’informer mais aussi de changer quelques petites habitudes qui ne peut être que bénéfique pour vous et votre famille.

Si vous souhaitez le lire, rendez vous dans la bibliothèque de votre ville, les sites d’occasion ou cliquez sur l’image ci dessous. Il s’agit d’un lien affilié où Amazon me reverse quelques centimes à chaque achat sans que ce soit plus cher pour vous.et si on arrêtait d'empoisonner nos enfants

 

Vous avez aimez cet article? Partagez le autour de vous pour protéger un maximum d’enfants.

 

Pour en savoir plus :

Ce qu’il se passe dans le cerveau quand on arrête le sucre.

Le sucre excite t il les enfants?

Le sucre : la drogue dure des petits et grands.
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4 commentaires sur “Le sucre : la drogue dure des petits et grands.

  1. Article intéressant et que je partagerai auprès de certains des parents de mes élèves. Ici, en Guadeloupe, nous sommes addict au Sucre et ça me mets hors de moi. Nous empoisonnons lentement nos enfants sans nous en rendre contre. Jai su heureusement limiter la consommation de Sucre de mon fils . Il sait apprécier de temps en temps quelques friandises mais sait en manger avec parcimonie juste de temps en temps. Mais ce nest pas le cas de tous les ados malheureusement..

    1. Le sucre est malheureusement partout… même dans les produits salés ou destinés aux nourrissons ! Il faut trouver un juste milieu comme vous le faites avec votre fils 🙂
      Merci de vos partages <3
      Belle journée 🙂

  2. Merci pour ton article très complet Lindsay. J’ai appris récemment que le sucre était, vraiment, partout, même dans les conserves de légumes… Depuis, je fais la traque aux mauvais sucres. Quitte à être un peu parano au début, je préfère. Etant sans gluten, lire les étiquettes est de toute façon une habitude pour moi depuis longtemps. Pour limiter la consommation de sucre à la maison, je crois aussi qu’il est nécessaire que les deux parents se mettent d’accord. Certains gâteaux industriels ont du succès auprès du papa, et là, c’est compliqué. Pour ça, j’utilise mon remère favori : la communication consciente 🙂 Et les évolutions pas à pas. Je propose des phases de test : cette semaine, on n’achète pas ce gâteau, je le fais et on voit ce que cela donne 🙂 Au moins, je choisis la dose de sucre, le sucre en question (je vise le sucre de coco pour mes prochains gâteaux), et zéro additifs ni conservateurs. Vive le congélateur pour ma part, ça aide bien à conserver sans perdre en saveur, et à rationner la consommation 😉 Sujet passionnant en tout cas et tellement d’actualité ! Merci

    1. Merci de ton retour 🙂
      Ici, papa a un faible pour les boissons « qui piquent » et les gaufres au chocolat industrielles mais comme c’est moi qui « gère » les courses, je gère ce qui rentre lol (Je suis certaine qu’il en achète pour le boulot). Autant, les gaufres sont tentantes pour ma fille autant les boissons « de papa » : pas du tout! Elle sait ce qui est à elle et ce qui ne l’est pas (pâte à tartiner entre autre) pour le moment.
      Je cuisine frais ou surgelés, là où le sucre est naturel (fructose) car il y en effectivement partout.. C’est hallucinant!
      Tu es sans gluten par obligation? Et ton enfant (ou tes enfants)?
      Le sucre coco cuit à le gout de noisette, c’est vraiment pas mal (et surtout moins calorique!). Notre challenge est d’essayer de manger le plus local possible et ne pas se prendre la tête si nos repas ne sont pas si diversifiés (on a tellement l’habitude d’avoir le choix qu’on a de la difficulté à revenir à la simplicité…).
      Je suis ravie de me reconnaître dans ta façon de consommer (et les « soucis » avec le papa), je me sens moins seule 😀

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